La foi et le service

La foi comparable à la graine de moutarde (Lc 17, 5) est une foi qui n’est pas orgueilleuse et sûre d’elle, elle ne fait pas semblant d’être celle d’un grand croyant, en se ridiculisant parfois ! C’est une foi qui dans son humilité ressent un grand besoin de Dieu et, dans sa petitesse, s’abandonne à Lui avec une pleine confiance. C’est la foi qui nous donne la capacité de regarder avec espérance les hauts et les bas de la vie, qui nous aide à accepter aussi les échecs et les souffrances, dans la conscience que le mal n’a jamais, n’aura jamais, le dernier mot.

Comment pouvons-nous savoir si nous avons vraiment la foi, c’est-à-dire si notre foi, même minuscule, est authentique, pure, franche ? Jésus l’explique en indiquant quelle est la mesure de la foi : le service. Et il le fait à travers une parabole qui au premier abord semble un peu déconcertante, parce qu’elle présente la figure d’un maître tyrannique et indifférent (Lc 17, 7-10). Mais précisément cette façon de faire du maître fait ressortir ce qui est le vrai centre de la parabole, c’est-à-dire l’attitude de disponibilité du serviteur. Jésus veut dire que l’homme de foi est ainsi à l’égard de Dieu : il se remet complètement à sa volonté, sans calculs ni prétentions.

Cette attitude envers Dieu se reflète aussi dans la façon de se comporter en communauté : elle se reflète dans la joie d’être au service les uns des autres, en trouvant déjà sa récompense en cela et non dans les reconnaissances et dans les bénéfices qui peuvent en découler. C’est ce qu’enseigne Jésus à la fin de ce récit : « Quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : ‘Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir’. »

Simples serviteurs, c’est-à-dire sans la prétention d’être remerciés, sans revendications. C’est une expression d’humilité et de disponibilité qui fait beaucoup de bien à l’Église et qui rappelle l’attitude juste pour œuvrer en son sein : le service humble, dont Jésus nous a donné l’exemple, en lavant les pieds de ses disciples (cf. Jn 13, 3-17).

Pape François, Angélus du 6 octobre 2019